Huns chats de
Torcello
(15 haïkus partiellement monosyllabiques)
à Elisabeth L.
Depuis Burano,
Presque vide, un traghetto
Mène à Torcello.
Désert, silencieux,
Le paysage est tout vert.
Travaux sur canal,
Que longe un sentier.
S’activent deux ouvriers :
Ciao, Otello,
Crie
l’un
d’eux
bien
fort.
Me double un grand beau marin.
Mais
d’où
sort-
il
donc ?
Baille au soleil chat,
Au pont du Diable
allongé.
S’étire et s’enfuit
Vers champ d'artichauds.
Broutent quatre biquettes.
Des
oies
vont
par
là.
Il
a
plu
fort
hier :
Se lèche un matou tigré,
Boit dans flaque d’eau,
Court
vers
un
vieux
banc,
Au pied de dame statue,
Sous soleil d’hiver.
Se love un chaton
Dans grand fauteuil d’albâtre :
Trône d’Attila,
Reflétés avec
Gros
puits
blanc
et
ciel
dans
l’eau.
Tout près du musée.
Jardin grillagé,
Méli-mélo de statues
De potées, de bacs ;
Tout
à
coup
des
sons
Midi ! la basilique est
Vaste en son dedans,
N’y
va
pas
un
chat…
Attestent panneaux déteints
Que l’île eut bien trois
Cent mille habitants !
Restent silence et langueurs,
Paix
des
champs,
des
prés.
Ont
tous
fui,
les
gens ?
Dans ce chaos végétal,
Attendent Huns
chats...
© Chantal Robillard
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