Dimanche 19 août 2007 7 19 /08 /Août /2007 12:02



466bis-chat.jpg








Huns chats de Torcello

 

(15 haïkus partiellement monosyllabiques)

 

à Elisabeth L.

 



Depuis Burano,

Presque vide, un traghetto

Mène à Torcello.

 

 

Désert, silencieux,

Le paysage est tout vert.

Travaux sur canal,

 

 

Que longe un sentier.

S’activent deux ouvriers :                                         474bis-torcello-pont.jpg

Ciao, Otello,    

                                              

 

 







Crie

l’un

d’eux

bien

fort.

Me double un grand beau marin.

Mais

d’où

sort-

    il

donc ?

 

 

Baille au soleil chat,

Au pont du Diable allongé.                                      

S’étire et s’enfuit

 










Vers champ d'artichauds.

Broutent quatre biquettes.             

Des

oies

vont

par

là.

 

 

 

Il                                              

a

plu

fort

hier :

Se lèche un matou tigré,

Boit dans flaque d’eau,   

                                     

 

 














Court

vers

un

vieux

banc,

Au pied de dame statue,

Sous soleil d’hiver.

 

 

Se love un chaton

Dans grand fauteuil d’albâtre :

Trône d’Attila,

 

 

Reflétés avec

Gros

puits

blanc

et

ciel

dans

l’eau.

Tout près du musée.

 

 

Jardin grillagé,

Méli-mélo de statues

De potées, de bacs ;    



                                     462jardin-torcello-copie-1.jpg

 

 




















Tout

    à

coup

    des

sons

Midi ! la basilique est

Vaste en son dedans,

 

 

N’y

va

pas

un

chat…

Attestent panneaux déteints

Que l’île eut bien trois

 

 

Cent mille habitants !

Restent silence et langueurs, 


                          



















Paix

    des

champs,

des

prés.

 

 

Ont

tous

fui,

les

gens ?

Dans ce chaos végétal,

Attendent Huns chats...



 

 

© Chantal Robillard

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Vendredi 17 août 2007 5 17 /08 /Août /2007 18:48


424-bis-merletti-burano.jpg

Dentelle des sirènes


(6 huitains)

1.

Au pied de la grosse Rouge,

Sur les flancs de sa colline,

Elles font de la dentelle.

Depuis des siècles; le rêve

De devenir un jour riches

Les a quittées : « c’est bien compris,

Ah, pauvres de nous ! », dit l’une,

          en rabattant le tabliau



                    2.

du carreau sur la dentelle.

Puis, rentrant sa chaise paillée

dans la cuisine, en rez de rue,

elle ira manger sa soupe,

et reviendra l’après-midi

faire croire, avec les autres,

que les couviges se portent
bien tant qu'elles sont vivantes.



3.

A Burano aussi j’ai vu

De bien vieilles dentellières.

Mais c’est en Chine ou à Hong Kong,

Qu’on fait les dentelles vendues :

Entièrement mécaniques.

Nos dentellières savent bien

Qu’elles font couleur locale,

Au pied des maisons colorées.


                                4.

Là, sous le Rocher d’Aiguilhe,

Vains essais de perpétuer,

Art désuet, la dentelle,

en s’abîmant le dos, la vue.

A Burano, mer, lagune,

C’est plus gai que nos vieux volcans,

Qu’il faut monter et descendre,

Plusieurs fois par jour, hou pauvre.


5.

Quelle idée d’installer ville

au fond d’un puy, entre les necks                 

qui ont poussé un peu partout !

Mais à arpenter tous les jours,

Quand on est vieux, c’est terrifiant.

Sur ces îles au moins, c’est tout plat,      
On va gaiement et sans forcer

De sa maison au magasin.                               

                       

                                6.

Il faudrait que j’invente ici

les détails de la légende

du beau marin vénitien qui,

partant, offrit à sa fiancée,
une algue qui fut appelée,l

quand la promise eut reproduit

son joli dessin aux fuseaux,

la dentelle des sirènes.

 

 

© Chantal Robillard

 

457bis-alpes-enneigees.jpg  

Ce poème a été publié en isolé dans le n° 98, 2007

de la Revue alsacienne de littérature


 


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Mercredi 15 août 2007 3 15 /08 /Août /2007 16:46
la morale élémentaire est une forme de poème inventée par Raymond Queneau.

 voici l'entrée secrète de la corte cachée ( corte "sconta" : grand merci Paola pour m'avoir décrypté le dialecte  vénitien !) :
venise-mai-2007-109-copie-2.JPG
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Dimanche 12 août 2007 7 12 /08 /Août /2007 20:12


 


 


 


 


 


 

 

 














Corte sconta detta Arcana

 

 

 


volets bleus                                                                    volets verts

murs briques                                                                  murs roses

géraniums blancs                                                            pétunias bleus

 


escalier perché                                                              bas-relief arqué

établi trainant                                                                petit linge séchant

porte condamnée                                                          grille défensive

à

mi

cour,

puits

blanc,

sans

fond :

d'où

vient

l'eau ?

pas

du

rio !

arcades emmurées                                                      voûtes humides

balcon sur canal                                                          « porte d'eau »

entrée cachée                                                             cour secrète

 


la cour des tonneaux...

où es-tu, Corto ?






                       





                         copyright Chantal Robillard










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Samedi 11 août 2007 6 11 /08 /Août /2007 18:59



  voici une autre vue, plus récente , de la cour à trouver :

venise-mai-2007-107bottera.jpg
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Vendredi 10 août 2007 5 10 /08 /Août /2007 07:37
353bis.jpg
juste une photo, ce matin,
et une énigme :
quelle est cette cour (ici en travaux )?



juste ne photo ce matinnti_bug_fck
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Mardi 7 août 2007 2 07 /08 /Août /2007 22:37




 




















pieux

 

 

 


 

             
















               







Sur le Canal Grande :

plantés gras dans vase,

sublimes, utiles,

et éternels, les pieux.

Décorés d’or, blancs, bleus,

Unis ou spiralés,

 

 

 

 

Bicolores bleu –vert

Rouge –noir… ou bois brut.

Bateaux au mouillage.

Parfois vient accoster

Une ambulance qui

tangue et danse bien fort.

 

 

Dans un grand craquement,

J’en ai vu une, qui

Se retourna d’un coup !

On en sortit, pauvret,

Quand même un perfusé

                                            Que vite on engouffra

 

 


Sur un brancard à main ;

Brrr ! encore vif, pourtant…

Mieux vaut ne pas tomber

Malade à Venise :

Vivant, à l’hôpital

Arriver, bel exploit !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Entre les pieux, souvent,

élégants, carénés,

Moteur escamoté

sous l’acajou : taxis.

Les plus chers du monde !

                     Bien fièrement postés,

 


                                                          A Venise, les pieux

se tiennent droits, costauds,

ou gracieux, près des quais.

Les Vénitiens aussi.

Ils savent : vu du pont,

                                             leur reflet sera flou.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



© Chantal Robillard

 

 

 

ce poème a été lu dans le cadre d 'une lecture-concert à Saint-Louis, Haut-Rhin, le 24 juin 2006, à la médiathèque du Parnasse, avec accompagnement de flûte traversière et harpe.

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Dimanche 5 août 2007 7 05 /08 /Août /2007 21:04
en lien avec l'une de mes nouvelles, publiée sur le site du campiello de Venise, "le deviseur du monde", puis dans la revue franco-ontarienne "Virages", voici le poème qui en fut la préfiguration :










 



















Jardins de marins

 

A la mémoire de mon grand-père,

Hubert Siozade





(7 haïkus par 7-3-5)

 

 

                    J’achète, avec un Million*,

Lunaire,

Un calendrier.

 

A mon grand-père aurait plu,

Cher Hubert :

Jardiner aimait.

 

Enfant, me menait greffer

Les rosiers.

J’ai tout oublié !

 

Il avait été marin,

Engagé

Pour

ses

dix-

huit

ans**.

 

Avait aimé Venise,

Ses canaux,

Sa navigation,

 

Cet impératif d’aller

En zigzags,

Ou boucles par rues.

 

Le bon itinéraire

N’est direct,

Mais coudé ici !


copyright Chantal Robillard

  312bis-barque-bleue.jpg

 
























*
Il Milione
en toscan, Le divisament dou monde en « franco-italien » du XII ème siècle, le Livre des Merveilles en français actuel, bref Le livre relatant les voyages de Marco Polo.

 

** En 1919, pour faire vivre ses frère et sœur, suite au décès de son père dans la Grande Guerre.

Auparavant, dès ses 13 ans, placé à la mine de charbon, toujours pour les mêmes raisons : le père à la guerre, la marmite à faire bouillir...

A son retour, il se fera cheminot. Les trains, eux, vont tout droit sur leurs rails.



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Samedi 4 août 2007 6 04 /08 /Août /2007 20:31


323bis-chien-rose.jpg  

 

 Arabesques du zéphyr

 

 

Arabesques phosphorescentes

Barcarolles prodigues

Chats pitres

 

Dogaresse prolifique

Eclaboussures pamplemousse

Frégates présomptueuses

 

Gondoles paisibles

Heures pourprées

Italique parcheminée

 

Jeu prudent

Kaolin poudré

Lumière paille

Marco Polo

Nu portraituré

Ombra princière

 

Pont porphyrisé

Pantaleon patelin

Persiennes poussées

 

Quartiers paisibles

Ribambelles passionnées

Sourire purpurin

 

Traghetto piroguier

Urbanisme particulier

Villa palladienne

 

Walkmans polyglottes

Xénophobie pantelante

Yeux piquants

 

Zéphir permanent

 







          © Chantal Robillard

 

 

 

 

 

 

ce poème a été lu en musique
à l'Institut culturel italien de Strasbourg,
en novembre 2002


 

 

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