exploration de la Salute

Publié le par Chantal Robillard

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Exploration de la Salute

 

 

(3 carrés de neuf)

 

 

 

1.

Je dois rebrousser chemin avant

La pointe, sur Zattere : chantier !

Aux portes des maisons, en métal,

Panneaux contre les inondations.

Deux dames sortent, enjambant l’un,

(Pratique pour jupes et collants !)

Lacis de ruelles, venelles.

Cour à madone bleue encagée.

Un lycée bruissant : c’est la récré !

 

2.

Un rio transverse qu’on cure,

Et me voici au Canal grande.

Là aussi, travaux côté punta.

J’entre donc dans la Salute : choc !

Circonférence immense et libre,

Dôme à hauteur vertigineuse,

D’où pend, presque au ras du sol,  lustre,

Balancier tout prêt à osciller,

Faible éclair de lumignons grenat.

 

3.

Déambulatoire à beaux tableaux.

Au sol, étranges mosaïques :

Des marbres noirs, roux, blancs, qui semblent

S’animer sous les pas en gros dés

Aux angles pointus : quelle illusion !

On est hors du temps, de l’espace,

On oublie Venise, on ne voit plus

Que l'étendue du milieu, vide

Qui vous aspire vers le cosmos.

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© Chantal Robillard

Publié dans neuvains

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Elisabeth 18/02/2008 21:37

Là, je parlerai d'abord des images : le parallélisme des deux bateaux, les rayures du gondoliere qui renvoient aux "rayures" qui emprisonnent la Salute, jeu géométrique et pourtant fluide. La seconde est  digne des peintures des vedutisti, avec son scintillement et l'éparpillement - casuel et pourtant harmonieux - des barques.La forme des carrés de neuf est particulièrement pertinente pour parler de la Salute, avec son plan inscrit dans des carrés. Tu fais bien "passer" ce que réveille la découverte de son espace intérieur.Merci, Chantal, une fois encore.

Chantal Robillard 19/02/2008 09:26


superbe commentaire, chère Elisabeth ! j'étais un peu gênée d'avoir si peu d'images de la Salute à montrer, ( en outre "grillagée de partout", puisqu'en mai
dernier elle était en restauration ) et surtout aucune photo de l'intérieur si étonnant, que je décris par le poème ;
mais tes remarques montrent qu'on peut faire un lien fort et poétique entre les photos et le poème, au-delà du texte lui-même.
pour la petite histoire : le gondolier de la photo de tête est celui d'un "traghetto" et ... cela tanguait bien fort quand j'ai pris la photo !
à très bientôt,
chantal