romance en mer sereine, 2

Publié le par Chantal Robillard





 

 

 

romance en mer sereine, version venise : 2

 

 

 

arrière-saison amère, cieux mornes, noircis, averses ; semaines sans verve...


coeur serré, méric mac invern ramène son navire à venise, manoeuvre aux rives sérénissimes.

 



 


 

mais voici en sa casa, à murano, cara-rossa : sarrau carmin, à revers ivoirins, à crevés cassis cousus main. en cuisine, cara-rossa a mis à cuire un veau en morceaux, a secoué sur son évier une romaine, va avec avec son seau à oursins vers sa cave.

 

sonne une corne marine connue : cara a oui, a ri, a couru vers son corso minor, cru à sa venue. nenni ! voici méric, mais sans son ami.

 

mine soucieuse, voix cassée, cara s'écrie :

 

- ma, où corso, mon aimé, mon corsaire, a amené ses ris, mis son ancre ?

 

méric mac invern, murmure, - corvée amère ! -, son mourir...

 

crève-coeur ! ainsi, onc corso ne reverra murano ni son amoureuse ?... cara se rue sur méric, incrimine ces courses vaines en mer, roue ce mauvais associé.

 

insoumise, carrée, au souvenir, cara-rossa se récrie :

 

- non, non ! amore mio, reviens à moi, mon corso ! ou mourir au même roc m'arrivera aussi ! emmène-moi vers mon corsaire, méric : avec nos mercenaires, ce sera un succès assuré !

 

 


 

or, méric n'a encore osé avouer à cara-rossa ceci : une sirène rousse, - ou une noire sorcière, version méricéenne !-, a ravi un corso ennamouré.... méric marmonne ici son aveu.

 

cara encaisse sans un cri, écoeurée, sonnée.

 

mais, courroucée, nerveuse, invaincue, acrimonieuse cara-rossa a saisi ces visées océaniennes : vaincre océane sera son envie.

 

                 (à suivre)                    

 

Commenter cet article