au Redentore

Publié le par Venise, poèmes de voyage

 

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Au Redentore

 

(carré de sizains)

 

 

 

 

 

 

Ai marché deux pleins jours.

Mes pieds crient, tout en feu.

Aborde à Giudecca.

La bise est bien venue,

J'entre au Redentore.

De l'orgue s'y entend.

 

 

Ouf, mes pieds à poser !

Eglise à contempler,

Musique à écouter,

Que joue un père en brun.

Quasi vide est la nef :

six heures biens sonnées.

 

 

On ne paie plus l'entrée.

Papotent deux mémés.

Vient gros moine du fond.

Le suit péniblement

Petit vieux béquillant.

Puis deux - trois religieux.


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S'asseoient près de l'orgue,

De côté, dans le choeur ;

Bures marrons, pieds nus,

Visible dénuement.

Je pense à ce beau film*

aux moines plus glamour...

 

 

Un très grand frère va

aux dames parler. Fort.

Soudain fonce vers moi,

Me crie en italien :

« Ca te dirait de nous

faire la lecture, hé ? »

 

 

Un instant hébétée,

- Hein, quoi, ce moine sait

Que je suis écrivain ? -

Je comprends mon erreur,

Refuse poliment.

Il repart en grognant.

 

 

Je me prends à rêver :

Aurais pu lire, ici !

Pourtant, de mes textes

N'auraient point voulu, sûr :

Ardus, et en français.

Mais... lire au Redempteur !

 

 

 

 

© Chantal Robillard

 

 

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