percussions
Percussions
Monter, monter, puis
S’arrêter, pour regarder
Les reflets d’un pont,
Au milieu du gué.
Descendre deux, trois ou cinq
Marches, reprendre
Sur le pont suivant :
Une, deux, huit, dix marches…
Montée, descente,
C’est que le rythme en
Venise, ville des pas,
Change à chaque coin,
Place, rue ou pont.
La jambe ne peut avoir
Un pas régulier.

Tantôt on valse,
Un, deux trois; un, deux trois, un…

Tantôt fox-trotte,
Parfois on court, ou
Au contraire, on n’en peut plus,
On marque le pas.
Enfin un bout plat !
Allons, ça ne dure pas : 
Venise est bombée.
Le mitan des ponts
Est souvent bien arrondi.
Tous les parapets
Ont rampe en fonte,
En bois, en brique ou marbre,
Quelle variété !
Aucun pont pareil
Pas un qui n’ait son petit 
Air bien unique.
Dans les rues, partout
Pavés, larges dallages,
Claquant sous les pieds.
Ah quel joli bruit!
Chaque pas est sonore,
Dans les rues la nuit.
Mais, trop d’arrêts, ça
Vous brise la cadence.
Alors on repart !
Venise, ville
De percussions, tous ces sons
Qui se font écho
écho
écho
éc

(copyright ch. r)
ce poème a été lu à l'Institut culturel italien de Strasbourg,
avec une improvisation au piano par Jean-Marie Hummel, en 2004,
puis lu, avec accompagnement de flûte et harpe à la Médiathèque de Saint-louis (68), en 2006.